Ne crie jamais Victoire, 2ème extrait

Comme je vous sais en transe, dans l’attente de la sortie de mon prochain opus, le 27 février, je vous fais de nouveau un petit cadeau pour vous faire patienter… et saliver… 🙂

« Il va tomber de haut. En parfait nombriliste, il est persuadé qu’elle ne supporterait pas de vivre sans lui, que la solitude l’effraie, qu’elle a besoin de son soutien moral, physique, voire matériel. Les dispute-de-couple-550x309hommes sont vraiment incroyables, pense Marina. Elle finance les frais et les charges grâce à son salaire et effectue la double journée en s’occupant de toutes les tâches ménagères. Ce soir, Jean est rentré plus tôt que d’ordinaire, le visage sombre, comme si le monde entier était ligué contre lui. Mais il n’a pas levé le petit doigt pour l’aider à préparer le repas, qu’ils avaleront comme tous les jours en dix minutes, les regards focalisés sur leurs assiettes pour ne pas avoir à s’expliquer.

Dans son dos, elle l’entend déambuler dans le minuscule deux-pièces qu’ils louent sur le port. Rien que cela ! Comment peut-on s’imaginer une existence harmonieuse dans un espace si réduit ? La seule chambre, c’est Céline qui l’occupe. Eux bivouaquent dans la salle de séjour. Chaque soir, ils déplient le convertible et s’efforcent de rester chacun dans leur moitié du lit. Il a dû renoncer au moindre travail d’approche depuis qu’elle lui a fait comprendre qu’il ne devait plus la toucher, de quelque manière que ce soit. Il doit satisfaire ses besoins sexuels ailleurs. Que lui importe ?

Exaltant ! Vivre à trois dans un quarante-huit mètres carrés : une préadolescente en crise, un conflit ouvert entre le père et la fille, un couple en déliquescence, ledit géniteur absent et égocentrique qui cocufie sa compagne à tour de bras, une mère sous pression, bref, le pied ! Ce soir, Marina ressent une sensation étrange, mélange de soulagement et aussi d’un peu de nostalgie.

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Amitié franco-allemande

J’aime le cinéma, même si je ne fréquente plus les salles obscures que de très loin, préférant une bonne soirée vidéo à la maison. Le coût exorbitant des places y est pour beaucoup, avec souvent la déception à l’arrivée, et « l’envie » de suivre mon « envie »… 🙂

C’est vrai, j’aime les films d’autrefois, les Renoir, les Hitchcock, les Capra ou les Truffaut. Je Frantz 3goûte les récits simples et complexes, intimistes et sociétaux de Sautet ou de Téchiné, lyriques et violents de Scorsese ou d’Eastwood (quand il ne parle pas de politique, il filme très bien… 🙂 )

Peu de femmes, certes, mais elles sont si peu nombreuses à nous réjouir de leurs talents cinématographiques… Varda, évidemment, Fontaine également, dont l’univers décalé me séduit souvent.

Et puis, il y a Ozon.

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Ne crie jamais Victoire, 1er extrait…

Premier extrait pour vous mettre un tantinet dans le bain…

Celui-ci pousse quasiment un cri de joie en le voyant apparaître ; d’habitude, il grognerait de ce que le policier n’a pas eu la délicatesse de frapper à sa porte.

Faut-il qu’il patauge dans la panade, pense Agnelli en prenant le siège qui lui est offert.36 quai des orfèvres

— Ah ! Commissaire ! Je vous attendais avec impatience !

Son front pâle se colore un peu, ce qui signifie que, de blême, il passe à l’ivoire.

— C’est ce que le lieutenant Nottier m’a laissé entendre.

— J’ai un « immense » service à vous demander.

L’intéressé grimace aussitôt. Dans quel guêpier va-t-il se retrouver s’il n’y prend garde ?

— Enfin, pas pour moi, pour le ministre.

— Soulard ? s’inquiète le commissaire.

Il n’a jamais été tendre avec les politiques. Le seul mérite qu’il leur reconnaît, c’est d’être très doués pour l’empêcher de faire tranquillement son boulot.

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Maupassant, encore et toujours.

Parce que j’ai une véritable passion pour la littérature du dix-neuvième siècle, j’ai démarré avec le début de l’année une relecture exhaustive des œuvres de Maupassant. Cet auteur est un incomparable sorcier en ce qui concerne des champs essentiels de l’écriture : description fine et précise des paysages et des atmosphères, peinture choisie et acerbe des personnages, construction rigoureuse et originale des récits, lesquels le plus souvent peuvent paraître insignifiants et vieillots, mais qui, par leur fausse simplicité même n’en deviennent que plus mordants et séduisants aux lecteurs que nous sommes.

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Je ne vais pas ici évoquer les nouvelles, dont Maupassant est sans conteste le véritable expert, maîtrisant à la perfection l’art de construire une histoire en quelques pages, sans jamais passer à côté de l’essentiel et en parvenant à nous tenir en haleine malgré la fugacité du propos.

Je viens d’achever Mont-Oriol, œuvre apparemment mineure à côté des fameux Une vie et surtout Bel-Ami.

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Attention, chef-d’oeuvre !

Il y a des livres, découverts et dévorés à l’adolescence, qu’il est toujours bon de reprendre, surtout en ces temps de vacuité littéraire.

Bouh ! vous dites-vous, elle est de mauvais poil !

Que nenni ! Je viens juste de relire « De sang froid », publié en 1966 par l’immense, l’incomparable Truman Capote.truman capote

Vous le savez ou vous ne le savez pas, Capote est cet écrivain américain à la fois génial et frappadingue, qui va prendre le petit déjeuner chez Tiffany avec Audrey Hepburn… Non, ça, c’est le film, Breakfast at Tiffany’s, lequel, quoiqu’en pensent certains, est nettement moins bon que le livre, surtout la fin !

C’est ça qui est pénible au cinéma, cette manie de toujours vouloir une Happy end !!!

Revenons à De sang froid. 4ème de couv.

« Il était midi au cœur du désert de Mojave. Assis sur une valise de paille, Perry jouait de l’harmonica. Dick était debout au bord d’une grande route noire, la Route 66, les yeux fixés sur le vide immaculé comme si l’intensité de son regard pouvait forcer des automobilistes à se montrer. Il en passait très peu, et nul d’entre eux ne s’arrêtait pour les auto-stoppeurs… Ils attendaient un voyageur solitaire dans une voiture convenable et avec de l’argent dans son porte-billets : un étranger à voler, étrangler et abandonner dans le désert. »

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