Ne crie jamais Victoire, 3ème et dernier extrait avant sortie officielle !

Bon, l’opus sort demain… Alors pour vous faire patienter, dernier extrait !

port-of-cherbourg

« — Tu m’parles sur un autre ton, d’accord ? C’est fini l’temps où tu me donnais des ordres !

— Je te signale qu’on nous regarde, abruti.

Effectivement, un ouvrier s’approche d’eux, la mine embarrassée de découvrir son patron en fâcheuse posture. D’abord hésitant quant à savoir s’il doit lui apporter son aide ou pas, il décide de prendre l’agresseur par les épaules pour le repousser en arrière. Celui-ci ne lui oppose aucune résistance, comme si toute sa pugnacité l’avait tout à coup abandonné.

— Eh ! Faudrait voir à pas embêter M’sieur Blain !

— Merci Jérôme, mon ami est un peu souffrant, mais il va se calmer.

Lambert semble désemparé. Il fixe le nouveau venu, ouvre la bouche comme le ferait un poisson sorti de son bocal et qui manquerait d’air. Conscient qu’il risque de tenir des propos inappropriés, Pierre Blain prend les choses en main.

— Vous pouvez retourner travailler, Jérôme.

— Vous êtes sûr ?

Son patron l’encourage d’un hochement de tête, pour l’inciter à déguerpir plus vite. Et, finalement, qu’est-ce qu’il en a à faire si l’autre lui casse la figure ? De toute façon, ce n’est qu’un salaud de riche ! Le syndicat le dit assez souvent ! Blain ne cesse pas de les entuber, lui et ses camarades, à longueur d’année. Il les pressure, n’accordant aucune augmentation alors qu’il mène la grande vie dans sa gentilhommière. L’ouvrier cède donc à la pression et fait demi-tour, disparaissant sans demander son reste, même s’il n’est pas convaincu que les deux hommes sont vraiment des amis comme Pierre Blain le prétend.

— Tu cherches le scandale ? Tu as bien raison ! En cellule de dégrisement, tu auras la paix !

Lambert réfléchit, presque malgré lui, à l’hypothèse.

— Tu rentres à Languiville ? marmonne-t-il, redevenu docile.

— Ne compte pas sur moi pour te ramener !

— J’ai plus un rond !

— J’en ai ma claque de raquer pour toi ! Arrête de boire ! Ça t’évitera de débiter tes conneries ! On raconte que tu t’es encore fait remarquer ce matin, et qui plus est devant les flics !

— Je savais pas qu’il était commissaire. En plus, c’est un Arabe !

— On s’en fout ! s’énerve Pierre Blain. Aucun d’entre nous n’a intérêt à ce que le passé ressurgisse, compris ?

— Ah ! Tu vois ! Toi aussi tu crois que c’est à cause de ce qu’on a fait !

— Ta gueule ! De ce que « tu » as fait, pauvre dingue !

D’un geste agacé, l’industriel sort son portefeuille de la poche intérieure de sa veste et en extrait une liasse de billets.

— Prends ça et si ça peut te rassurer, va te planquer dans un hôtel où tu veux, le temps que ça se tasse ! Et ne le bois pas !

— Ça va pas me suffire pour filer ailleurs !

— C’est tout ce que j’ai pour l’instant ! Maintenant, je suis pressé, j’ai un rendez-vous chez un client. Appelle-moi demain sur mon portable. On en parlera plus au calme.

— Tu es certain que les flics peuvent rien trouver ? »

A demain ! 🙂

Couv Ne crie jamais Victoire

Enregistrer

Publicités

Une réflexion sur “Ne crie jamais Victoire, 3ème et dernier extrait avant sortie officielle !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s