Pulp !!!!!!!

mpi avril 2014Marie Pierre Bardou et Kathy Dorl sont deux « collègues auteures » que je côtoie par tous les canaux possibles et imaginables… du WEB !!!!!!

Je vous ai déjà causé d’elles, au travers de mes chroniques de lectures. De la première, j’ai vanté le style,31EuSXbuf3L._UX250_ l’inventivité, la richesse du propos, notamment sur le plan historique, et l’intelligence des récits. Pour la seconde, elle a, outre un humour décapant, une capacité à aborder des sujets extrêmement sérieux sous un angle drôle, corrosif et avouons-le, un poil déjanté.

Du coup, quand j’ai appris que les deux donzelles (j’adore ce mot) avaient décidé de se lancer dans le « pulp », de surcroît de concert (ça fait beaucoup de « de » tout ça 😀 ) je reconnais m’être laissée tenter par la lecture de ce feuilleton, au titre évocateur Temps Mort.

Feuilleton ? Yes, je n’en suis qu’à l’épisode 3 et j’attends le 4ème avec impatience.

Les feuilletonistes ont connu leur période de gloire au 19ème siècle, avec notamment l’inégalable Eugène Sue et ses Mystères de Paris. Mais là, je vous parle d’un temps, que les moins de 150 ans ne peuvent pas connaître. Ce sont d’abord des romans publiés de manière découpée. Ensuite, les auteurs écrivent des récits volontairement « en tranches ». Après Eugène, Émile (Zola) prend le relais avec Les Mystères de Marseille, Paul (Féval, vous savez, Le Bossu !) et Les Mystères de Londres et même Alexandre (Dumas) pour ses fameux Trois Mousquetaires. Puis est arrivé le roman-feuilleton… Mais je ne suis pas là pour vous pondre un article à ce sujet !

Bon, revenons à Temps Mort ! Avec la 4ème de couv. :

Que font deux copines d’enfance quand elles se retrouvent, par le biais d’un célèbre réseau social ? Elles papotent ? Ouais… un peu. Elles geignent sur leur existence ? Mmmm… Surtout l’une des deux.
Elles se rappellent le bon vieux temps qui était toujours mieux avant que maintenant ? Se prennent le chou façon Godzilla en peluche ? S’envoient de mignons smileys qui rigolent ?

Vous êtes loin du compte… Car elles dézinguent. Elles trucident, décanillent, découpent, acidifient, crament, tronçonnent !

Tout les oppose. L’une vit aux States et dilapide la pension alimentaire de son ex en minisacs Prada ; l’autre s’est enterrée dans une communauté hippie au fin fond de la Creuse.

Qu’est-ce qui les lie, à part une vieille amitié éteinte depuis quinze ans ? Une sombre histoire, un passé qui ressurgit comme un diable de sa boîte et… Ben, ça part un peu en vrille, quoi… Flanquées d’un ado boutonneux fasciné par les limaces et d’une bande d’illuminés en sabots pour l’une, d’une nounou qui picole en douce et d’un moutard insupportable pour l’autre, les deux femmes auront fort à faire pour affronter une situation qui dérape.

Au programme de ce « serial-thriller-gore » hilarant qui ne laisse aucun temps mort : merguez, cochonnailles, roupettes, macchabée, scie sauteuse et crustacés.

Bon, peut-être pas de crustacés, en fin de compte.

J’ai donc entamPulp_Fictioné la série. Après le premier épisode qui démarre sous les chapeaux de roues en forme d’entretien Skype haut en couleur, suivi d’échange de courriels au contenu plus que zarbi, le tout saupoudré des états d’âme d’un journaliste au nom plus qu’évocateur (Jean-Jacques Boursin, œuvrant pour une chaîne de télé, NRV13), je me suis retrouvée groggy (si, si, même moi…), me demandant où ce binz allait nous embarquer ! Certes, le rythme est endiablé dès le début, les dialogues déjantés, les personnalités assez ubuesques, et de ce côté-là, je n’étais pas déçue. En revanche un peu perdue.

Fort heureusement, je n’avais pas acheté QUE le premier épisode, mais les deux premiers. Ni une ni deux, je me jette sur le second. Et déjà, si je dis que je m’empresse de passer à l’action, c’est qu’un besoin ou une envie, plutôt de type inconscient (Ton Sigmund, Heeeeeeeeeeelp !!!), s’est très vite annoncé.

Donc, je me plonge goulûment sur l’épisode suivant. Les courriels, toujours continuent de s’échanger entre Élisabeth, dite Petit Kiwi ou PK (et non PQ 🙂 ) alias pk@gmal.com, et Saule ou Saule.Pleureur@taspaslelook.com. La première vit dans la Creuse et se veut écolo (allergique au foin, cela ne s’invente pas !) ; la seconde a émigré en Floride, divorcée d’un goujat incompétent (à la Baupin ?). Elle compense sa désolation d’être affublée d’une bouche en forme de train de pneus Michelin (à la suite d’une opération chirurgicale foirée) en écumant les boutiques Prada, et autres marques ultra-chérottes. Il faut bien dépenser la pension alimentaire, le praticien-charcuteur étant l’ancien conjoint.

Les deux se retrouvent donc après quinze années passées l’un loin de l’autre. Tout semble les opposer, sauf que… On comprend très vite qu’elles sont liées par un fait « divers » immonde et que leur vengeance va devenir un truc assez… gore. Pulp Fiction, à côté, c’est (presque) de la gnognotte… 🙂 Nous apprenons à les connaître, leur vie d’hier, celle d’aujourd’hui, le tout danAudiard Michels un style qui se maintient sans défaillance à 2000 volts pour ne jamais retomber. Les tribulations du pisse-copie français viennent ponctuer le récit, comme pour permettre de peut-être reprendre pied, mais surtout d’épicer encore davantage (s’il est possible) l’ensemble d’une touche de dérision incisive sur notre univers des médias, du paraître et de la pseudo-célébrité.

J’ai déjà nommé Tarantino. Marie-Pierre Bardou et Kathy Dorl revendiquent également ouvertement la filiation avec Michel Audiard dont une citation vient introduire les trois premiers chapitres.

J’attends donc la suite. Pourquoi ? Parce que je suis « coincée » ! J’ai commencé ce récit au quarante-douzième degré, je VEUX savoir où les deux auteures ont décidé de nous mener. Les jeux de mots abondent, ainsi que les clins d’œil et les allusions appuyés à des sujets drôles (ou très graves) à toutes les lignes. Ces deux nanas odieuses en arrivent même à devenir attachantes. Et puis, elles passent à l’acte et accomplissent ce que bon nombre d’entre nous rêvent de réaliser… parfois !

Bref, à ce stade (épisode 3, douze sont annoncés, je crois), c’est très drôle, culotté et effronté, le côté caricatural est clairement assumé. Il faut avoir le cœur et les tripes bien accrochés, mais franchement, qu’est-ce que ça nous change de la littérature gnangnan aseptisée que l’on trouve dans trop de librairies et de sites web que je ne nommerai pas !

Dernière remarque. J’aimerais QUAND MÊME que, un jour, Marie-Pierre Bardou et Kathy Dorl, tout comme Hélène Jacob et Sébastien Cerise qui créent leurs livres sous le pseudo M.I.A, m’expliquent comment ils font pour écrire à DEUX !!!! Pour l’individualiste misanthrope que je suis, cela relève du mystère.

Et n’hésitez plus, allez vous plonger dans les premiers épisodes de Temps Mort, en attendant fébrilement les suivants… 😀

Couv Temps Mort

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10 réflexions sur “Pulp !!!!!!!

  1. Il n’y a que 10 épisodes, on a pensé à ton palpitant 🙂
    Merci pour cette chouette chronique et effectivement, on a pris le risque de flirter avec un certain degré d’humour gore. Gore ? Mais qui a dit gore ? 🙂

    Aimé par 1 personne

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