Héros récurrent, deuxième…

Couv Oui-ouiJ’ai pour habitude, depuis ma plus tendre enfance, dès qu’un auteur me sied, de lire son œuvre dans son intégralité lorsque je le découvre. J’ai commencé avec mon premier « héros », Oui-oui, dont j’ai littéralement dévoré les aventures en long, en large et en travers au travers de multiples lectures. Je l’avoue sans aucune honte et même avec une réelle fierté de lectrice balbutiante : je connaissais quasiment les textes par cœur.

J’ai poursuivi cet exercice au fil de ma croissance, avec Le Clan des Sept, évidemment Le Club des Cinq, les Lili (je conserve un souvenir ému de Lili et son loup ! J). Après, je me suis plongée, surtout durant les mois d’été, dans des « sagas » du type Jalna. J’ai dévoré celles d’Henri Troyat (je vous en ai déjà parlé) et je me suis « enfilée » dans l’ordre et dans le désordre, Zola, De Beauvoir, Barbey d’Aurevilly, Pagnol, Colette, Schoendoerffer Le Clézio, Duras, Maupassant, Faulkner, Woolf, etc., etc. ! Beaucoup plus tard, j’ai remis le couvert avec les polars de John Harvey, PD James, Georges Chesbro, Fred Vargas, Henning Mankell et bien sûr Arnaldur Indridason dont je vous parle régulièrement sur ce blog.

Pour les auteurs dont le héros n’est pas récurrent, chaque nouveau livre équivaut à retrouver un vieil ami. Par exemple, appréhender les Rougon-Macquart sous forme chronologique me permet de mieux comprendre les sujets de prédilection du gars Émile, sa vision des hommes et des femmes de son temps.

Tout ça pourquoi ? Parce que je viens de découvrir Jean-François Parot et son héros, Nicolas Le Floch. Rapide à la détente, me direz-vous, L’énigme des Blancs-Manteaux, premier opus de la série, est sorti voilà plus de quinze ans ! Évidemment, j’avais entendu parler de l’auteur et du personnage. Peut-être parce qu’il a été trop vite alpagué par la télé, j’ai craint qu’il n’ait pas grand intérêt. Pourtant, ma mère aimait ces récits, à la dimension historique essentielle pour elle. J’ai donc retrouvé parmi tous ses livres quelques volumes retraçant les aventures de Nico le Breton.

Première déconvenue, Nico est flic à Paris, non à Nantes ou à Vannes… La néo-Bretonne que je suis devenue, Parisienne de souche et fortement attachée à sa capitale fait rapidement le deuil d’aventures en terre celte. Et je commence le premier tome. Bon rythme, personnages intéressants, foisonnement d’informations sur le siècle et la fin de règne de Louis XV (du coup, j’ai décidé de me trouver une biographie du « Bien-Aimé » 🙂 ). J’enfile avec un second, puis un troisième. J’en suis au quatrième.

Je n’ai rien à redire aux intrigues et rebondissements. Il y a beaucoup d’imagination et de suspense. De même, l’aspect historique est toujours intéressant, tout comme les recoupements Couv Nicolas Le Flochpossibles avec la véritable et grande Histoire. En revanche, quelques travers apparaissent, auxquels tout auteur de héros récurrent doit prend soigneusement garde. Trop souvent, il me semble relire la même scène : Nico et son (ancien) « chefaillon » Sartine (fana de perruques), Nico et le roi si bienveillant à son égard, Nico et ses potes en train de faire bombance, Nico et son adjoint… Je le reconnais, je lis en diagonale… Par exemple, les élucubrations culinaires me saoulent. Je déteste faire la cuisine (nul(le) n’est parfait(e) 🙂 ) et franchement, j’ai un peu l’impression de remplissage durant ces pages, avec des énumérations à la Balzac (Parot est payé AUSSI à la ligne ? 😀 ).

Je suis certaine que beaucoup de lectrices et lecteurs adorent ce type de description, tout autant que ces éléments de récit qui reviennent régulièrement dans chaque volume pour resituer le contexte avec celui évoqué dans les livres précédents. En ce qui me concerne, ce genre de répétition m’avait déjà bien agacée chez Sue Grafton, avec le boulanger octogénaire en pleine forme qui l’héberge, sa petite robe noire passe-partout, son footing, etc. Tenace, j’ai dû abandonner à la lettre H ou I…

Étant plongée dans le 4ème opus mettant en scène le commissaire Agnelli, j’essaie de prendre garde à ce type de situation. Méfiez-vous des contrefaçons m’a permis de planter une forme de décor. Dans Tuer n’est pas jouer, j’ai délibérément changé d’angle de vue, mettant le longiligne teigneux au second plan. Dans le troisième épisode qui est en cours de validation aux EHJ, il revient sur le devant de la scène, dans un contexte différent, et il n’est pas seul en piste. Tout comme dans le quatrième que je suis en train de finaliser, et dont le cadre géographique bouge pour varier les plaisirs. Dans le cinquième, encore dans ma petite tête, je vais tâcher toujours de ne pas ressasser. Après ? Je ne sais pas si Agnelli survivra… ou passera son tour, pour revenir plus tard… Eh, eh, sa destinée est entre mes mains. Voilà un des grands bonheurs de l’auteur(e) : avoir droit de « vie ou de mort » sur ses personnages.

Concernant Nico, j’ai résolu mon problème en cédant à la raison. Je vais faire une pause et lire autre chose. J’ai acquis les deux premiers épisodes de la série pulp, Temps Mort, de Marie-Pierre Bardou et Kathy Dorl qui m’attendent dans ma liseuse, ainsi que le premier roman de Valérie Hervy, Le Van. J’avais beaucoup aimé son recueil de nouvelles, Esquisses d’elles, et en plus c’est une copine de salon littéraire bretonnant… On doit se retrouver à Damgan cet été ! Je voulais attendre mes petites vacances de juin pour les découvrir, mais non ! Je vous en donnerai a priori quelque écho dans de prochains articles.

Tout ça pour vous dire que, si comme moi vous ne goûtez pas trop les répétitions de récit, vous pouvez lire les « Le Floch » qui sont fort bien écrits et riches en détails historiques, mais par petite dose ! 😀

Couv Le VanCouv Temps Mort

 

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7 réflexions sur “Héros récurrent, deuxième…

  1. C’est drôle, je suis justement en train de relire les Sue Grafton ! ^-^ J’en suis à E, et si j’apprécie l’héroïne je commence à me lasser… pour les mêmes raisons que les tiennes, d’ailleurs ! Je vais faire une pause aussi, mais je pense y revenir : peut-être l’auteur fera-t-elle évoluer son perso de manière intéressante ? Ah, ce suspens ! 🙂 Sinon j’ai quand même des séries qui ne me lassent pas, les nordiques, et les Steven Saylor par exemple…

    Aimé par 2 people

    • Ah ? Je vais aller découvrir Saylor que je ne connais pô… Et les scandinaves ? Oui, mais ils se répètent assez peu, tracent l’histoire de leur héros de manière assez fluide… Je suis plongée dans un Mankell remarquable… 😉

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    • C’est mon côté boulimique, l’envie de retrouver un univers qui me plaît, mais là, après 4 Nico, je reviens aux valeurs sures, Mankell avec Le Chinois, à ce stade remarquable… 😉

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    • Oui, j’aime bcp retrouver certains personnages, c’est plus la répétition de certains « détails » qui sont lassant à la longue… J’essaie de ne ps tomber dans ce travers, j’espère que j’y arrive… 😉

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