J’espère toujours que le roman va démarrer…

Je viens de terminer, En attendant Bojangles d’Olivier Bourdeaut. Et je crains fort que vous ne finissiez par me tenir pour une incroyable râleuse. Après avoir pourri Ben Jelloun, je m’offre le luxe de ne pas aimer l’ouvrage de ce nouveau venu. Une en attendant bojanglescritique complaisante et lobotomisée l’a acclamé. Certaines signatures ont été jusqu’à comparer la prose du sieur Bourdeaut à celle de Vian ou de Fitzgerald.

Glups…!

Au moins, ce qui s’avère positif dans l’histoire, c’est que je vais illico presto me replonger dans ces deux monstres sacrés dont j’ai, pour chaque ouvrage dévoré, conservé un souvenir ébloui.

Rien de semblable pour Bourdeaut. Pourtant, il a reçu le prix France Télévision… Cela dit, je n’ai pas eu le temps de zapper, je me suis enfilé les cent cinquante et quelques pages en même pas deux heures d’un profond ennui… Mais il pleuvait tellement dehors, je n’avais aucun autre livre à lire, j’en avais ma claque des sudokus, j’ai décidé d’aller au bout pour « voir »… J’ai vu !… En attendant Bojangles a été également récompensé par le Grand prix RTL/Lire… Bon, pour RTL, c’est peut-être la partie « Grosses têtes » qui a voté… Quant à Lire, cela infirme ce que j’écrivais dans mon précédent post. Tout compte fait, je ne vais pas racheter ce magazine. J’avais oublié la raison qui me l’avait fait abandonner, elle vient de me revenir en mémoire 😀 . Pour le prix Roman des Étudiants de France Cul(ture) et Télérama, je saisis ce qui s’est passé : le livre a dû détendre nos intellos en gestation de leurs partiels et concours…

Bon, je vous offre la 4ème de couv… Vous allez comprendre pourquoi Vian et Fitzgerald…

« Sous le regard émerveillé de leur fils, ils dansent sur « Mr Bojangles » de Nina Simone. Leur amour est magique, vertigineux, une fête perpétuelle. Chez eux, aucune place pour rien d’autre que le plaisir, la fantaisie et les amis.

Celle qui mène le bal, c’est la mère, imprévisible et extravagante. Elle n’a de cesse de les entraîner dans un tourbillon de poésie et de chimères.

Un jour, pourtant, elle va trop loin. Et père et fils feront tout pour éviter l’inéluctable, pour que la fête continue, coûte que coûte.

L’amour fou n’a jamais si bien porté son nom. »

Durant les cinquante premières pages, j’ai eu surtout l’impression d’un grand chaos sans charme ni trame ; les protagonistesfrancis & zelda sont à la fois faussement originaux et tellement clichés qu’ils frisent le conformisme vulgaire : l’hystérique sublime suprêmement fantaisiste (Zelda…), le beau mec bienveillant éperdument amoureux de la précédente (Francis…), le morpion espiègle et émerveillé d’admirer Pôpa et Môman (Scottie devenue garçonnet !!!), l’ami terriblement laid et brillantissime, la bestiole inattendue et improbable… BREF ! Vous l’aurez compris, barbotant dans une outrance délibérée qui n’a rien à voir avec la féérie désespérée des années trente de Fitzgerald, le livre est une espèce d’objet foutraque et convenu… Tout ce petit monde s’éclate et refuse la banalité de la vie, se vautre dans l’argent et le champagne qui bien sûr ne manquent pas, partagé entre un château en Espagne, une scolarité plus qu’aléatoire et un tube de Nina Simone sur lequel un couple ne cesse de danser…

Au bout d’un moment, l’auteur (et surtout la lectrice !) se demande ce qu’il va bien pouvoir faire de ce pataquès indigeste. Bon sang ! Mais c’est bien sûr ! Usons de cette bonne vieille folie, ressort évident (Zelda is back !). Saupoudrons le récit d’un mélange d’hystérie, de schizophrénie et autres pathologies incurables… On enferme l’héroïne dans une clinique, tous les patients en deviennent évidemment éperdument amoureux… Ouais… Le conjoint n’est bien sûr pas jaloux, il est si beau et au-dessus de ces médiocres sentiments… Et malgré son aliénation galopante, la dame parvient à monter son évasion de toute pièce, avec la complicité passionnée de son mari et de son fils.

Bon Dieu ! Qu’ai-je fait pour mériter tant de simagrées et de balourdises ? Rendez-moi la désinvolture superbe des Fitzgerald, la poésie de Boris, la flamme de Colin pour Chloé et la magie féérique du nénuphar qui dévore le poumon de la belle.

Le style d’Olivier Bourdeaut se situe à des années-lumière de celle des écrivains déjà cités ; son livre ne recèle aucune magie, trop banal et commun. L’auteur fait de surcroît l’erreur d’installer un récit faussement fantaisiste et chimérique dans une réalité trop ancrée et tangible, qui sert finalement beaucoup mieux un Lévy ou un Musso, eux-mêmes sans doute bien conscients que leur imaginaire se nourrit de la vraie vie.

La semaine prochaine, je reviens aux valeurs sûres… Et je serai positive, c’est PROMIS !!!!

En attendant, un peu de zizique… et de la bonne 🙂

Nina Simone

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