Quelques réflexions sur l’écriture…

J’ai la sensation que nous sommes toujours plus nombreux à écrire, quel que soit le style ou le genre de prédilection de chacun, que nous soyons célèbres ou anonymes.… Sans doute ce besoin a-t-il pris son essor avec la disparition des correspondances par courrier postal, remplacées par les nouveaux modes de communication numériques, twitt et autres courriels. Frustrés de ne plus pouvoir raconter notre vie de manière un tant soit peu littéraire, nous nous sommes découverts des vocations d’écrivains.

Que nous écrivions bien ou mal n’est pas mon sujet, toute forme d’art étant pas essenceecrire 1 subjective.

Je m’interroge plutôt sur les méthodes qui pullulent sur le web, expliquant de quelle manière écrire une fiction, trouver son sujet, bâtir son récit, préparer l’histoire et les personnages. La semaine passée, je me suis efforcée d’écouter un tutoriel sur ce sujet, réalisé par un auteur auto-édité. Il y avait de bonnes idées, mais le déroulé m’a semblé tellement lourd et « incontournable » que mon esprit a rapidement pris la tangente. Selon ce « formateur », il y avait UNE bonne méthode, hors cela, point de salut… Comme sa prose de surcroit ne m’a pas ébouriffée, j‘avoue avoir repris dans la seconde mes (mauvaises ?) habitudes.

En parallèle, il se trouve que je suis plongée dans la biographie d’Assouline sur Georges Simenon. Je vous en parlerai très bientôt. J’ai donc découvert la « méthodologie » du sieur, ce qui m’a fortement rassurée car il n’en avait pas, si ce n’est le côté stakhanoviste de son organisation pour écrire toujours davantage ! Je n’ai bien évidemment pas la prétention de me comparer à « Jojo », qui écrivait beaucoup, vite, à l’instinct, et quasiment sans relecture.

En tant que coach, je suis certaine d’une chose. Nous sommes tous différents. Heureusement ! Et si certains trouvent leur spontanéité dans la structuration préalable du temps et la planification de leurs actions en amont de tout travail, d’autres auront une perception beaucoup plus élastique des étapes, avec une capacité à saisir les opportunités et à s’adapter à l’imprévu.

Je ne parviens pas à me corriger. Je fais partie de cette seconde catégorie. Écrire m’est toujours apparu avant tout comme un plaisir, voire un bonheur et une liberté. Je suis toujours surprise quand certain(e)s parlent de calvaire, d’accouchement dans la souffrance, voire de supplice cathartique, comme si écrire devenait une pénitence…

écrire 2Bizarrement, je n’ai jamais connu ce genre d’enfantement douloureux. Et si délivrance il y a, elle est toujours sœur de soulagement, d’apaisement, de contentement.

Cela ne signifie pas que le résultat me convienne nécessairement. Certes, la page blanche ne m’effraie nullement, j’aligne les mots sans difficulté, mais je suis tout aussi rapide à détruire ce que j’ai raconté si cela s’avère mauvais. Et je ne me flagelle pas pour autant du temps « perdu » !

S’il est conservé, ce premier jet sera inlassablement modifié, corrigé, voire bouleversé dans son intégralité, avec une révision obligatoire des précédents chapitres afin que l’ensemble soit cohérent. Sans doute, cela me rend-il plus lente que ceux qui organisent tout de A jusqu’à Z. Tant pis. Pour moi seul le résultat compte, dut-il subvenir après moult évolutions, ajouts ou retraits.

Pour écrire, j’ai avant tout besoin de calme et de musique, mais ça vous le savez déjà. Pour le reste, je le reconnais, je fonctionne à l’instinct, sans réel plan (de quoi faire se dresser les cheveux sur la tête de mon éditrice favorite… 😀 ). Le processus se déroule de la même manière pour un roman, des nouvelles ou un scénario. En gros, je sais d’où je pars, par où je passe et où je vais. Mais nombre d’épisodes surviennent sans prévenir, coulent sous mes doigts qui éprouvent généralement des difficultés à se coordonner sur les touches de l’ordinateur et à suivre le rythme de mes idées, pas toujours bonnes.

L’inspiration me vient souvent lors de balades dans la nature. Ce furent longtemps les paysages bucoliques percherons, puis les paths serpentant en Oxfordshire, avant aujourd’hui de hanter les sentiers côtiers de la Presqu’île de Rhuys, côté Golfe et côté océan (pas aujourd’hui, le vent souffle trop fort ! 🙂 ).

Mais ma « muse » peut se faire taquine et me chuchoter ses envolées à l’oreille dans des endroits beaucoup plus incongrus, voire « vulgaires » ! Si, si, sous la douche comme sur le trône, je peux avoir une véritable « révélation »

Il m’est arrivée à une seule occasion de travailler avec un schéma du livre clairement construit dans ma tête et sur le papier, et aussi un planning strict et rigoureux. Lorsque j’ai écrit mon essai sur les compositrices empêchées par des hommes, eux-mêmes musiciens, Comment exister aux côtés d’un génie. Le travail fondamental de rédaction est resté le même, avec une grande liberté mais toujours la nécessité de suivre la trame pré-écrite. Il n’était pas question d’invention, mais de relation, au sens de récit.

 Là, j’ai su m’adapter, pour davantage d’efficacité. Le plaisir est resté présent.

La seule certitude que j’ai ? L’écriture a ceci de commun avec toutes les formes d’art : il faut faire ses gammes quotidiennement pour acquérir fluidité et naturel. La spontanéité vient du travail, comme l’artisan acquiert son habileté et sa méthode à force d’œuvrer sur le matériau. 😀

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9 réflexions sur “Quelques réflexions sur l’écriture…

  1. Hello Agnès, je trouve ta façon de décrire ton travail d’écriture très pertinente. En fait, je pense que c’est parce que je m’identifie totalement à cette façon d’être. Comme toi, j’écris ce qui me vient. Souvent, je n’ai qu’un point de départ et aucun point d’arrivée. Parfois, je ne sais pas ce que mon personnage va faire ni comment il va réagir face à une situation que je lui ai pourtant créée. Alors, je me mets à sa place et la suite survient. C’est très étrange. Contrairement aux conseils qui sont donnés, je n’ai ni organisation ni plan. Je ne me sens pas non plus  » inspirée » comme pourraient le prétendre de vrais auteurs. Non. Les choses surviennent dans ma tête, prennent vie et chair sur le papier. Je fais donc le contraire des « bonnes pratiques » comme on dit à présent en médecine. Fort heureusement, les deux métiers ne sont pas comparables. Autant, il faut suivre les règles au bloc opératoire, autant sur le papier, il me semble que l’on a le droit et le privilège d’être libres.
    Ensuite, je retravaille mes paragraphes, leurs cohérences, les chapitres, et la fin.
    Je prends tellement de plaisir à écrire mes romans que même si personne ne devait les lire, je les écrirai tout de même. Voilà. C’est pas étonnant que nous soyons jumelées sur Amazon. LN doit le savoir.
    Bises

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    • Oui Manou, il vaut mieux que tu sois rigoureuse comme toubib et aventureuse comme auteure… et je me retrouve dans ta réflexion sur l’écriture nécessaire, même si personne ne me lisait… En même temps, heureusement pour nous, ce n’est pas le cas… 🙂

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  2. Bonjour, Agnès : je suis moi aussi totalement de la deuxième catégorie et écrire est un bonheur. Pour un texte court, une note, un poème, l’inspiration me vient spontanément J’ai cependant un calvaire à endurer quand l’envie me prend d’écrire un nouveau livre : je peux me torturer l’esprit (de loin en loin, hein) pour en trouver le sujet. la peur de l’échec , en plus, me paralyse d’avance, d’où le « de loin en loin », je fuis. Alors que l’écriture m’est toujours facile, trouver un sujet qui me motive, qui bouscule ma paresse naturelle est une douleur qui peut durer de mois, voire des années : le dernier a pris 14 mois et j’en suis alors très malheureux, Ensuite le livre a été écrit en 2,5 mois (enfin l’essentiel, il y aura bien sûr un peu de retravail)

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