Quand l’intervieweur est interviewé….

Blog Le Patelinant

Ayant été récemment interviewée par Marie-Pierre Bardou, et une nouvelle fois, ayant apprécié l’exercice, j’ai décidé de me prêter au jeu, mais dans l’autre sens…

Il y a de cela quelques semaines, Alain Touffait, alias Le Patelinant, m’avait mise sur le gril au sujet de monAlain Touffait polar, Méfiez-vous des contrefaçons. J’ai donc décidé de lui rendre la pareille, d’autant que je suis toujours ravie de découvrir que la « jeune génération » n’est pas uniquement celle que les médias nous dépeignent, et également curieuse de ce qui se passe dans le monde des arts et des lettres, et le monde tout court également.

Donc grand merci à Alain, et voilà ses réponses à mes questions :

Le Patelinant, pourquoi ? Parce que pour nous autres francophones de la vieille Europe, ce n’est guère compréhensible ? (vieux pays d’un vieux continent à dit De Villepin… !

En fait, pour la vieille Amérique francophone, c’est aussi quelque chose d’assez incompréhensible. C’est parfois assez difficile de dire précisément d’où l’on tient une idée, ici le titre de mon site. À l’origine, ce devait être le « Pantin Patelinant », avec cette idée, toujours présente dans la bannière du site, d’un pantin qui soit manipulé et qui, manipulant à son tour, « pateline ». Pateliner, c’est agir sur l’esprit de quelqu’un en vue de quelque chose, d’une finalité.

C’est un vieux mot, on ne le connaît pas, on ne l’entend pas, encore moins sous une forme nominale quasiment inventée. Je pateline donc par mes critiques et mes commentaires, conseillant du mieux possible les lecteurs. Si tu es lecteur et que tu viens sur mon site, il est vrai que c’est pour te faire une idée sur un ouvrage, mais peut-être aussi, un peu, pour me voir pateliner.

Comment t’est venu le virus de la lecture ?               

Lorsque j’étais plus jeune (bon ok, je suis assez jeune, mais encore plus jeune, genre 7 – 8 ans), je recevais souvent des livres comme cadeaux. Est-ce que c’est ce qui a déclenché ce Le Seigneur des anneaux« virus » ? Non. Mais je pense tout de même que ça a contribué à une espèce d’atmosphère où le livre était beau, précieux. Le cheminement psychique qui m’a conduit à lire le premier tome du Seigneur des Anneaux à la fin de la primaire, et de nombreux livres par la suite, est trop complexe et trop personnel pour être détaillé. Quoi qu’il en soit, je me complaisais dans les images mentales et imaginaires que me procuraient ces lectures. Le virus ne vient pas, non, on le développe et on le cultive.

Quels sont tes genres littéraires favoris et pourquoi ?

La Fantasy. Parce Tolkien, J. K. Rowling et Robin Hobb. Ce sont des auteurs qui ont marqué plusieurs étapes de ma vie et de ma construction en tant que personne. J’ai toujours eu une grande affinité avec les œuvres d’un imaginaire plein d’une magie et d’une mysticité foisonnante.

As-tu des écrivains fétiches, des sortes de référence ?

Tolkien est clairement un écrivain fétiche, au même titre que Robin Hobb. Après, il faut savoir que si j’aime la Fantasy, j’aime également beaucoup les autres genres. Plus classiques tout d’abord, avec l’indétrônable Émile Zola, le si poétique Musset, le romantique Edmond Rostand et le si perturbant Dante. Que dire de l’horreur, dont Stephen King demeure encore et toujours le maître en la matière. Et Conan Doyle, sinon un visionnaire, tant son héros dénote au temps de sa création, du moins téméraire.

Quels livres en particulier ont marqué ta vie de lecteur, ou ta vie d‘homme, tout court ?

Le cycle du Souffle du dragon, Le seigneur des Anneaux, Le cycle de L’assassin royal,Vidéo la bête humaine Michel Strogoff, Death Note (comment c’est un manga ? ça a la même forme qu’un livre !), La Bête humaine, Cyrano de Bergerac, L’élégance du hérisson, Le monde de Sophie. Je suis persuadé d’en oublier, beaucoup, mais ma belle bibliothèque se trouve à des milles d’ici. Ce n’est pas une simple énumération, elle est quasi chronologique, et chaque ouvrage possède une importance particulière, mais ce serait trop long et on pourrait faire toute l’interview là-dessus !

(Ben on en fera une autre, alors… :-))

Lis-tu des livres auto-édités, et sincèrement, qu’en penses-tu ?

Je n’en ai pas eu encore l’occasion… Pourtant j’aime la nouveauté. Disons simplement que ça ne s’est pas présenté pour le moment. Peut-être qu’avec l’activité du site cela viendra !

Depuis quand éprouves-tu le besoin d’aller plus loin, et de faire des critiques de livres ?

J’ai toujours eu le besoin d’avoir un « projet », quelque chose dans lequel m’investir. Auparavant j’ai fait de très nombreuses critiques de jeux vidéo, domaine qui m’émerveille également. J’ai notamment été bénévole pour trois sites de presse, dont deux ont malheureusement fermé. Même si le domaine est assez différent, Le Patelinant se place clairement dans la continuité de ces projets. Je m’investis et je m’accomplis tout à la fois à travers cela. Et puis, c’est aussi parce que de plus en plus, ce milieu, je veux en faire un métier, ça me motive.

Est-ce difficile de critiquer un livre que tu n’as pas du tout aimé ? Comment t’y prends-tu ? Fais-tu l’impasse ou assumes-tu ?

On a beau dire, parler d’impartialité, d’éthique, c’est toujours à prendre avec des pincettes. En tant que blogueur, c’est parfois difficile de critiquer un livre que quelqu’un vous envoie. Ne vous arrachez pas tout de suite la tête : je ne dis pas que Le Patelinant et les autres blogs sont un lieu de complaisance où les bouses interplanétaires se verront encensées. C’est simplement que le média blog façonne un rapport différent avec les auteurs qui vous envoie des livres.

Vous prenez plus facilement conscience qu’en descendant sadiquement un ouvrage, vous n’attaquez pas seulement un écrit, mais un processus de production qui, parfois et même souvent, va chercher au cœur de l’auteur, de ses émotions voire de sa vie. En tant que blogueur, il vous arrive d’en baver, littéralement, et c’est justement cette difficulté qui crée en vous une certaine empathie, parfois une indulgence.

J’assume de critiquer un livre qui ne me plaît pas, mais j’essaye d’avoir la critique intelligente, espérant que si l’auteur venait à passer par là, cela lui apporterait quelque chose plutôt que de le détruire.

T’est-il arrivé de détester le livre de quelqu’un que tu appréciais beaucoup par ailleurs ? Comment t’es-tu sorti de ce guêpier… ??? J (là, tu vas me tirer une épine du pied…)

Je n’ai heureusement pas encore eu l’occasion de me confronter à une telle situation ! Mais je pense que je garderais la même ligne directrice et, encore plus si je connais la personne, je tenterais de lui apporter quelque chose.

As-tu une activité d’écriture cachée, en devenir, voire officielle ? Si oui, de quel type ? Si non, pourquoi ? Pas envie ? Pas d’idées ?

Madre des dios ! C’est difficile cette question… Parce que ça le confronte à ma non production. J’ai longtemps écris beaucoup de poésie. J’avais un début de roman en gestation également, mais bon. C’est compliqué. Je suis dilettante d’un côté, et d’un autre côté si je me penche trop sur l’écriture cela devient obsessif et je ne pense plus qu’à ce que j’écris. Pour le moment, on dira pour simplifier que je n’ai pas le temps. Mais je le prendrai sûrement à un moment ou un autre.

T’intéresses-tu à d’autre forme d’art ? Musique, architecture, théâtre, cinéma, que sais-je ? Et lesquelles ?

Je suis relativement curieux et je suis en mesure de m’intéresser à pas mal de choses. Tout ce que tu viens de citer m’intéresse.

Footeux ? OM ? PSG ? (question inévitable à un homme, désolée… L ) ou autre activité passionnelle ?

Je n’aime pas du tout le foot. (Yes ! un de plus) Une belle manière de ne pas dire que je le déteste ! Je ne crois pas avoir d’activité passionnelle de ce genre… Peut-être les jeux vidéo ? Ce qui est, autant le dire, un autre travers des hommes… J’aime également beaucoup faire de la photo, sans pour autant me prendre pour un artiste ou je ne sais quoi.

Pourquoi le choix du Québec pour un échange interuniversitaire ? Car je crois que tu y es pour tes études, peux-tu nous en dire un peu plus ? Dois-tu y rester encore longtemps ? Et penses-tu revenir de ce côté-ci de l’Atlantique ou demeurer au contraire dans tes nouvelles contrées ?

drapeau quebecCela faisait longtemps que je voulais découvrir ce pays. Beaucoup de choses m’attirait, principalement la nature, inévitable. J’ai donc postulé pour un échange interuniversitaire, et j’ai eu la chance d’être pris. Qui plus est avec ma moitié. Il s’agit d’un échange d’une année qui, grâce à sa souplesse, me donne l’opportunité d’étudier beaucoup de choses. Principalement le journalisme, il est vrai, mais aussi le patrimoine de l’Amérique francophone et du Québec, l’entrepreneuriat… C’est très prometteur, très formateur et cette expérience me donne beaucoup de maturité. Je dois rentrer cet été, mais je dois dire que je ne suis pas pressé pour le moment.

Comment vois-tu ton avenir professionnel ? Critique littéraire ? Journaliste et dans quel domaine et pour quel support ? Monde de l’édition ? Totalement autre ? Footeux ? 🙂

Comme je le disais, je ne suis pas pressé de rentrer. Ici beaucoup de choses sont faciles : j’ai trouvé un stage dans une maison d’édition en une semaine, plein de choses sont accessibles et les mentalités sont très différentes. Avant je voulais devenir journaliste, maintenant j’ai l’impression de plus m’accomplir dans le domaine de l’édition. Peut-être est-ce parce que je préfère être créateur que commentateur (quoi que l’on crée en commentant, mais ce n’est pas pareil).

Tout cet univers, la littérature en général, c’est ce qui me fait et qui me motive, mais j’ai peur cependant d’être confronté à la dure réalité de l’employabilité et de la mentalité française. 25 % des jeunes sont au chômage en France, et j’ai peur que mon avenir ne s’y trouve tout simplement. Qui sait, peut-être un vais-je jour fonder ma propre maison d’édition, mais c’est un rêve encore plus lointain.

Merci à Alain pour cet échange et retrouvez-le sur son blog, Le Patelinant, une autre manière de voir la littérature et les livres.

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