On a tous une grand-mère

Je viens de finir Mémé de Philippe Torreton et suis partagée entre deux visions de ce petit livre (petit par la Couv Mémé Torretonlongueur, je précise à ce stade) vite avalé (quand même…). Ma schizophrénie galopante ne sait plus très bien à quel saint se vouer.

D’ailleurs, y a-t-il un saint patron des schizos ? Wikipédia ne dit rien à ce sujet, à part m’apprendre que Saint Jean de Dieu est le saint-patron des Hôpitaux Psychiatriques.

Bref, revenons à Mémé. Qu’en dire ?

Oui, je suis d’accord avec Philippe Torreton. Il y a plus de différences entre notre génération et les suivantes qu’entre celle de nos grands-parents, voire de nos parents et la nôtre. Je suis à peine plus âgée que l’auteur, et ce qu’il évoque me parle. De là à en faire un livre, et surtout le vendre 15 euros (l’e-book à 10,99… !!! 😦 ), je me sens un poil flouée. En fait, non par Philippe Torreton, qui n’y est finalement pour rien. Il a le droit d’écrire ce qu’il veut, de le publier, et de le vendre au prix que juge adéquat son éditeur, qui charrie quand même côté e-book !

Mais les critiques ? Les lecteurs ? Avons-nous lu le même ouvrage ? Je reconnais que j’ai passé un bon moment en compagnie des souvenirs d’enfance d’un de nos meilleurs acteurs. Oui la lecture de sa prose est charmante, émouvante, un peu répétitive quand même.

Philippe-TorretonEt je crains fort d’oublier tout cela très vite.

La grand-mère de Philippe Torreton en a bavé tout au long de sa vie et il est tout à l’honneur de son petit-fils de lui tresser des lauriers aujourd’hui. C’est très joliment fait d’ailleurs. Mais nom d’un pétard mouillé, pourquoi tout le monde se croit-il obligé de l’encenser ? Si nous regrettons à ce point l’inconfort des maisons normandes, la cruauté d’une vie de labeur, les douches froides et les poêles insalubres, que ne retournons-nous dans nos contrées profondes vivre comme autrefois nos grands-parents, du moins sa grand-mère le fit ? Il a raison Philippe Torreton, bazardons nos 4×4 (pour moi, rien de plus facile, je n’en ai pas), renions notre société capitaliste et consumériste, cultivons nos choux (j’ai de très belles tomates dans mon petit jardin), élevons nos lapins (inutile, je refuse de les tuer), et revenons cinquante ans en arrière.

J’ai un la sensation qu’il est difficile à Philippe Torreton d’être devenu un bourgeois, un « pipole », et qu’il lui faille marteler ses origines modestes. J’écoutais Vincent Lindon, l’autre jour, dire qu’il était fier d’être bourgeois. Personnellement, je le suis et ça ne me dérange ni ne me réjouit. Je suis ce que je suis, je viens d’où je viens, j’arriverai où je pourrais.

Bon, pour revenir au livre, les seules parties qui ont vraiment retenu mon attention sont celles où l’auteur décrit les relations entre les êtres, les filles vis-à-vis de leur mère, la grand-mère et ses deux époux pas vraiment à la hauteur. Philippe Torreton parle également très bien de la campagne d’autrefois, ses odeurs, ses rites et la pudeur de ses habitants.

Philippe Torreton est un excellent acteur, même Depardieu ne peut dire le contraire. Son bouquin est touchant… « mignon ». Mais un poil barbant quand même.

Je ne devais pas être dans le mood, et cet article, je le sais, n’empêchera personne d’acheter le livre.

Alors, bonne lecture 😉

http://www.amazon.fr/M%C3%A9m%C3%A9-Philippe-Torreton-ebook/dp/B00I87WZ0U

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